Le cinéma s’inspire de la datascience

J’ai récemment visionné le film “Premier Contact” (“Arrival” en version anglaise) qui raconte la rencontre avec des extra-terrestres qui vont faire cadeau à l’humanité d’une écriture leur permettant de penser différemment le temps.

A la même période, je cherchais des éléments pour étayer la génération sémantique de phrases et étais tombé sur le site du collectif de Babel dont voici l’exergue :

Le Collectif de Babel, créé à Montréal en 2009, a pour ambition de réunir une grande variété de projets inter- et pluridisciplinaires autour des idées et des concepts proposés par la nouvelle La Bibliothèque de Babel (1941) de l’auteur argentin Jorge Luis Borges (1899-1986) .Borges y imagine un espace géométrique contenant tous les livres possibles et se confondant avec l’Univers lui-même.

Ce qui est frappant, c’est la mise en relation de ces deux informations et plus particulièrement de leurs illustrations :

Les 22 lettres universelles de Babel

Le langage Heptapode 

 

Ce film met en avant le fait que le langage modifie en profondeur la pensée ( les personnages comprennent que le temps est circulaire et utilisent cette connaissance pour atteindre des objectifs dans le passé). En poussant à peine plus loin, cela rejoint un courant pour lequel la pensée est le résultat du langage et non l’inverse. On retrouvera là les propos de Paul Jorion , déjà évoqué sur ce blog et donnant une perspective autrement troublante face à  notre conviction de supériorité aux machines dans la durée.


Un autre élément de ce film est évocateur des dérives du BigData et de la lucidité nécessaire aux datascientist :

Lorsque les personnages s’interrogent sur le positionnement des différents OVNI sur la terre, ils évoquent deux possibilités  :

  • Soit il s’agit des lieux qui ont le moins reçu d’impacts de foudre sur les dernières années,
  • Soit il s’agit des lieux où la chanteuse Sheena Easton a sorti un tube, sur chacun de ces sites, en 1980 :

Cette pointe d’humour m’a remis en mémoire l’excellent site “spurious correlation”  de Tyler Vigen où il démontre par exemple que le nombre de piétons tués par un train est significativement corrélé aux précipitations dans le comté de Howard, Missouri :

De quoi alimenter notre modestie lorsqu’on parlera d’intelligence artificielle 🙂 !

 

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